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 Terreurs nocturnes ou cauchemars

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clochette
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MessageSujet: Terreurs nocturnes ou cauchemars   Mar 16 Jan - 20:02

Terreurs nocturnes et cauchemars

Dans les bras de Morphée depuis peu, vous dormez du sommeil du juste quand tout à coup les cris déchirants de votre benjamin fendent la tranquillité nocturne. Le cœur palpitant, vous sautez hors du lit douillet. Il est 3h du matin et c'est la cinquième fois cette semaine que cela se produit. Rien ne va plus. Énervé par les hurlements du petit dernier, l'aîné se précipite vers votre chambre, cherchant refuge dans la chaleur du lit conjugal. Votre maisonnée, tout à l'heure si paisible, prend soudain l'allure d'un cirque en délire.
Terreurs nocturnes ou cauchemars, le magazine Junior a établi la différence et vous apporte les suggestions des spécialistes pour mettre fin à ces nuits éprouvantes.

Développer de bonnes habitudes de sommeil chez l'enfant c'est préparer un sommeil d'adulte de qualité. Nécessité vitale absolue, indispensable au développement du cerveau, le sommeil varie d'un individu à l'autre. Certains enfants dorment peu, alors que d'autres se comportent comme des loirs.
Chose certaine, la réalité ne trompe pas; un enfant qui dort bien (et suffisamment) se réveille aisément, vit en paix avec sa famille, son entourage, etc. Il profite à plein des bienfaits du sommeil, mais ses besoins ne peuvent être comparés à ceux de ses pairs.

Quelques mots sur les phases du sommeil

Nous nous endormons presque toujours en sommeil «lent». Cette phase du sommeil se caractérise ainsi: visage inexpressif, respiration lente et régulière comme le pouls. Les chercheurs n'enregistrent pas de mouvements oculaires rapides et le tonus musculaire du corps paraît conservé bien que diminué (corps et doigts repliés; c'est ce qu'on appelle dormir à poings fermés). Le sommeil lent représente de 75 à 80% du sommeil total, soit 6 heures sur une nuit de 8 heures.

Le sommeil dit «paradoxal» ou sommeil de rêve succède au sommeil lent. Cette phase, nommé paradoxal par le chercheur Michel Jouvet, a été appelée ainsi en raison du contraste remarquable entre l'allure détendue du sujet endormi et son activité cérébrale, rapide et intense. On pourrait décrire le dormeur paradoxal en ces termes: visage expressif, pouls rapide, ses yeux effectuent des mouvements rapides, verticaux et horizontaux, son corps traduit une perte de tonus musculaire (détendu, étalé, doigts ouverts).
Le sommeil lent et le sommeil de rêve sont aussi importants l'un que l'autre. Les cycles du sommeil, même s'ils sont réguliers chez tous les individus, varient en longueur d'une personne à l'autre.

Différencier les cauchemars des terreurs nocturnes

On appelle troubles du sommeil tout comportement qui entrave le sommeil qu'il s'agisse de la difficulté de coucher l'enfant ou des réveils fréquents pendant la nuit. Facilement confondus, les troubles du sommeil gagnent à être différenciés, car les parents bien informés peuvent réagir et aider leurs enfants à retrouver des nuits paisibles. Il s'agit de poser un diagnostic en fonction de «l'allure clinique» (le comportement) de ces troubles et de suivre les recommandations appropriées pour y mettre fin. Bien qu'il existe différents troubles du sommeil tels l'hypersomnie (trop dormir), le somnambulisme, etc., ce sont les troubles les plus répandus comme la difficulté de s'endormir seul, les cauchemars et les terreurs nocturnes qu'il paraît utile de connaître et qui constituent la grande majorité des cas de consultation par les parents.

L'endormissement: point de départ

Il arrive que l'enfant qui ne veut pas s'endormir soit aussi celui qui réveille ses parents plusieurs fois pendant la nuit. Afin d'illustrer la question de l'endormissement, il faut se rappeler que nous avons des points de repères, habitudes et positions précises qui nous aident à nous abandonner au sommeil. Un côté du lit, un cadran lumineux pour lire l'heure dans le cas d'éveil, la proximité du conjoint et combien d'autres habitudes… Il suffit de penser à la seule difficulté que nous avons de dormir auprès d'un étranger. Tout comme les adultes, les bambins sont soumis au rituel du soir et ils ont leurs habitudes.


Les terreurs nocturnes

Gabriel, âgé de 4 ans 1/2, hurle à pleins poumons. Assis bien droit dans son lit, il fixe sa mère sans la reconnaître et semble terrorisé par un monstre extraterrestre quelconque. Son cœur bat à tout rompre, il transpire abondamment. Il semble repousser quelque chose de son bras droit. Très agité, il appelle «maman» sans la voir. Le tout dure quelques minutes. Sa mère, désemparée, l'interroge sans succès. Il ne l'entend pas. Inquiète, elle se couche à ses côtés le croyant malade. Gabriel ne se rend compte de rien, il semble se rendormir mais en fait, il n'est jamais sorti de son sommeil. Ces épisodes se répètent et Nina consulte un spécialiste du sommeil pour découvrir à son grand soulagement que Gabriel ne souffre pas de maladie neurologique, mais vit simplement des terreurs nocturnes comme beaucoup d'autres enfants de son âge.

Ce trouble du sommeil, le plus fréquent chez le jeune enfant, est en réalité un trouble de l'éveil brusque qui survient lors du sommeil lent et profond. Il se compare aux sensations ressenties par l'adulte vivant une grande peur (effet de l'adrénaline). Différemment, l'adulte se réveille le cœur battant et sort de son sommeil pour tenter de se calmer. Chez l'enfant, il est fréquent que le jeune ne s'éveille pas.

La terreur nocturne survient dans les trois premières heures de sommeil et peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Statistiquement, la plupart des enfants ont des terreurs nocturnes occasionnellement dans leurs premières années de vie et cela est parfaitement normal, il ne faut surtout pas s'alarmer. Ils ne se souviennent souvent de rien le lendemain, ne comprennent pas ce qui leur arrive. Contrairement à la croyance populaire, il est souhaitable de ne pas réveiller l'enfant qui vit une expérience semblable car cela ferait durer le malaise. La fréquence des terreurs nocturnes est maximale vers 3 ou 4 ans et jusque vers 6 ans. Les moments de grandes acquisitions, de grandes découvertes, d'événements familiaux difficiles ou envahissants peuvent les déclencher, nous disent Challamel et Thirion, coauteurs du livre «Le sommeil, le rêve et l'enfant». Ces deux spécialistes reconnaissent plusieurs degrés de comportements d'intensité croissante ayant tous la même réalité physiologique (éveil partiel en phase de sommeil profond). Parmi les quatre types de parasomnies (para; à côté, somnie; sommeil) distinctes, les trois premières décrivent des parcimonies bénignes, alors que la dernière décrit les caractéristiques des terreurs nocturnes.

1. L'enfant, à la fin d'un cycle de sommeil lent et profond, s'agite dans son lit, remue légèrement, ouvre les yeux un instant, mâchonne, marmonne un peu et se rendort.
2. L'enfant parle en dormant, tient des discours incohérents de quelques mots (somniloquie). Si on lui pose la question, il ne répond pas.
3. L'enfant au milieu de son sommeil, s'assied dans son lit avec une expression hagarde, regardant dans tous les coins, mais en fait, il est toujours inconscient. Puis il se recouche et reprend son sommeil.
4. Les terreurs nocturnes proprement dites prennent l'allure suivante: l'enfant paraît terrifié. Il pousse des cris, appelle au secours. Les yeux sont hagards et les pupilles dilatées. Il semble pris d'une panique indescriptible. Lui parler, le prendre dans ses bras ne change rien. En fait, il dort et dès qu'il se recouche, il reprend son cycle de sommeil. L'éveiller le met dans un véritable état confusionnel et provoque en lui des réactions «neurovégétatives» désagréables d'où l'angoisse, malaises qui peuvent directement provoquer une multiplication et une prolongation des épisodes ou favoriser le passage à un degré plus sévère. Bien que ces manifestations puissent être spectaculaires pour le parent non averti, ne craignez rien. Elles font parties intégrantes du processus de croissance et ne posent aucun danger pour la santé physique ou mentale du rêveur. Ces quatre degrés de manifestations demandent, à peu de choses près, la même réaction parentale.

Les cauchemars ou «mauvais rêves»

Plus communément appelés mauvais rêves, les cauchemars se déroulent dans la phase du sommeil dit «paradoxal» ou sommeil de rêve plus marquant aux petites heures du matin. Ils sont plus fréquents chez les enfants de 5 à 15 ans et perturbent environ 5 à 10% des enfants de tout âge. Cette phase du sommeil revient environ 5 fois par nuit ou toutes les 90 minutes. Lorsqu'il s'agit d'un rêve, il y a des images et une histoire parfaitement repérées par l'enfant. Son âge le permettant, il pourra vous en faire part en détail. Même les tout-petits qui commencent à peine à jaser essaient de vous expliquer ce qu'ils ont vécu. La frayeur peut être très intense, mais contrairement aux terreurs nocturnes, il y a peu de manifestations physiques. Un cauchemar intense amène souvent l'enfant à vouloir se coucher avec vous, à refuser de retourner dans son lit, car il a peur de se rendormir, peur de se recoucher seul et de retrouver le cauchemar. Si la situation se répète, cela risque de devenir une mauvaise habitude. Les parents qui permettent aux bambins en proie aux mauvais songes de se coucher avec eux passent le message suivant: «Si tu te réveilles la nuit, au lieu de tenter de te rendormir seul, tu peux venir nous rejoindre». Ce précédent ouvre la porte à un comportement rapidement intégré qui sera long et difficile à transformer.

Cauchemars à répétition

Il est 5h du matin, des pleurs d'enfants éveillent Sylvie qui se précipite dans la chambre de Zoé (3 ans 1/2) pour rassurer la rêveuse troublée. Sorcières et loups-garous font l'objet de descriptions colorées. Un monstre vaincu, le voilà dès le lendemain remplacé par un autre, encore plus terrible que le premier. Afin de rassurer l'enfant que Sylvie croit anxieuse, la mère s'attarde à répondre aux besoins exprimés par l'enfant; caresse, eau, jus, biscuit, pipi… Celle-ci ira même jusqu'à se coucher à ses côtés pour éviter de déranger les membres de la famille et arriver à dormir un peu croyant ainsi préserver la sainte paix de la maisonnée, convaincue que cela passera et que le temps arrangera les choses. Dans ce cas, les réactions de Sylvie, quoique naturelles, contribuent à perturber les cycles du sommeil. L'enfant a sûrement fait un mauvais rêve, mais elle prend rapidement goût à votre présence pendant la nuit et s'éveille automatiquement à la fin d'un cycle ou tout simplement à heure fixe. Vous pensez agir en bon parent, mais l'attention accordée à l'enfant dans les situations de ce genre donne des résultats contraires. Ce qui au début n'était qu'un cauchemar laissant une impression vive sur la mémoire de la fillette s'est transformé en trouble du sommeil, puisque cette dernière se réveille maintenant toutes les nuits. Les parents ne dorment plus ensemble et ne s'entendent pas sur les mesures à prendre. En peu de temps, épuisés, complètement dépassés par ces manifestations, ils songent à consulter un spécialiste. Il était temps!

Conseils de spécialiste

Le docteur Odile Lapierre, médecin et chercheur au Centre d'études du sommeil de l'Hôpital Sacré-Cœur, reçoit quotidiennement de jeunes patients qui connaissent des terreurs nocturnes. Sa clientèle se compose majoritairement de filles âgées de 3 à 5 ans, bien qu'elle accueille aussi de jeunes garçons. Parfaitement adorables, ces enfants présentent des personnalités bien adaptées. Ces gamins, souvent désireux de plaire à leurs parents, n'ont rien d'anormal. «Les terreurs nocturnes sont peut être leur manière d'exprimer le stress», affirme le docteur Lapierre dans son article Le sommeil et le rêve de l'enfant (Printemps 1991, vol.1 no 3, P.R.I.S.M.E.). Les adaptations nombreuses que traverse l'enfant à ce stade de sa croissance, alors qu'il doit intégrer beaucoup de connaissances, faire de nombreux apprentissages et s'affirmer face à ses parents, peuvent être à l'origine des terreurs nocturnes.

Un enfant de 2 ou 3 ans devrait s'endormir seul, sans bouteille. L'utilisation d'un objet transitionnel (animal en peluche, poupée, etc.) pourra l'aider en ce sens. En vue d'établir de bonnes habitudes de sommeil chez l'enfant, posez d'abord les bases d'une saine hygiène du sommeil, en établissant un rituel préparatoire. Choisir des activités calmantes en fin de journée, suivies d'un bain. Un temps de lecture et/ou un petit massage (très efficace surtout avec les tempéraments plus nerveux) préparent mieux au sommeil. Utilisez toujours la même formule pour signifier l'heure du dodo. Voici celle que ma mère me disait et que je répète à mon tour «Bonne nuit, beaux rêves. À demain mon ange». Ces paroles, lorsqu'on les reprend soir après soir, ont le mérite de faire passer un message clair: c'est bel et bien l'heure de dormir. Aussi, il est important de coucher et de lever l'enfant à des heures régulières.

Que doit-on faire quand l'enfant a l'habitude de s'éveiller la nuit? Le docteur Lapierre suggère d'utiliser la méthode d'extinction douce amenant (bien graduellement) le parent à laisser patienter l'enfant (la méthode développe aussi la patience des parents), le faire attendre un peu plus chaque jour avant d'intervenir. Puis, l'intervention se vit un peu plus à distance jusqu'au moment où il devient possible de répondre verbalement à partir de sa chambre. Ne pas s'impatienter, résister à la tentation de punir ou frapper l'enfant. Cela n'aurait aucun effet positif, bien au contraire.

Plusieurs motifs évidents encouragent les parents à régler les troubles du sommeil de leur enfant: retrouver des nuits calmes et ininterrompues, préserver le peu d'intimité qu'il reste au couple et assister l'enfant troublé dans sa quête d'autonomie, puisque dormir seul fait partie des apprentissages que tout enfant doit intégrer pour devenir grand.

À ce jour, le monde du sommeil et des rêves demeure mystérieux pour les chercheurs qui observent et en questionnent le sens. Il est clair que plus on vit de stress, plus on a de chances de libérer en images le trop-plein du subconscient. Ce qui impressionne et habite le subconscient demeure difficile à départager chez les petits; le rêve, la réalité et l'imaginaire sont souvent confondus. Il est préférable de dédramatiser les terreurs nocturnes plutôt que de les psychanalyser et de faire preuve de pragmatisme et de persévérance pour s'attaquer à ces problèmes de la vie quotidienne. Surtout, pas de culpabilité si vos interventions ont inculqué des mauvaises habitudes à l'enfant. Avec ténacité et courage, vous réussirez à coup sûr à donner à votre progéniture une saine hygiène de sommeil.

Suzanne Boivin

Ce texte a été publié dans le magazine Junior en septembre 1998.
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